Le Mardi 9 février 2010 à 8:44

Je lui ai dit dit "Masha d'Yans, M comme marionnette, A comme abricot, S comme souris, (il a bougonné à l'idée que je lui épelle comme ça) H comme Haricot, A comme Ampoulette, (il a été amusé), D comme dodunette (il a répété en riant un peu), apostrophe, Y comme Yallaaaah, A comme alouette, N comme petit-nid-douillet (il a répété, avec un soupçon de doute dans la voix: N comme Petit-nid-douillet-?, j'ai répondu d'un air évident, "ben oui ! N comme petit-Nid-douillet !" et il a ri) et S comme saperlipopette !"

Le Dimanche 7 février 2010 à 13:58


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J'étais malade et je me sentais fragile, je venais de passer la journée dans le train, il faisait nuit et je rentrais chargée, fatiguée, esseulée. J'ai ouvert l'appartement où régnait un froid glacial du fait de mon absence prolongée. Mais il faisait si froid en moi. Si froid ! A se demander Où vont les couleurs quand il fait trop froid ? Et puis il y a eu une enveloppe rouge, une écriture si affectueusement familière. Je me suis assise et je l'ai ouverte. Et j'ai aperçu une carte absolument adorable, j'ai souri en grand de cette image, de ces paillettes qui brillaient, je l'ai retournée et j'ai lu. Une belle carte de noël qui me disait que la course-aux-objets était usante et que cette si chère demoiselle préférait consacrer un peu de temps à écrire aux personnes qui comptaient. Et j'en faisais partie. Et là, j'ai senti une douce chaleur, de celle qu'on sent en soi, un sentiment douillet de ne pas être si seule que ça finalement, de voir quelques couleurs vivre malgré le froid. Comme un rayon de soleil, voilà, exactement ! Et aujourd'hui, je contemplais à nouveau non sans amusement la carte en question et j'ai eu envie d'aller voir qui était l'artiste. Et là, un arc-en-ciel est apparu ! Tout ce que j'aime: des couleurs, des arbres, des fleurs, des petits personnages, des parapluies, du mouvement, w h o u a h ! Je voudrais dégoter quelques cartes mais je ne sais pas vraiment où, les frais de port des sites étrangers indiqués étant plus chers que les produits ! Quelqu'un connaît des boutiques en France (voire à Nantes) où se trouvent ces petites merveilles ?

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Le Jeudi 4 février 2010 à 0:28

Je commence à réaliser combien c'est évident. Il a raison: je joue à me faire peur. Mais aussitôt que j'essaie de m'approcher de l'objet de la peur à laquelle je joue, je m'en éloigne. C'est ballot ! Je fais exactement tout ce qu'il faut pour me mettre dans des situations où les tambours s'affolent à grands coups et où le courage prend la poudre d'escampette pour laisser place à la grande, l'immense, l'intense, la  si  intérieure  t r o u i l l e . Parce que le plus fort dans l'histoire de la-fille-qui-joue-à-se-faire-peur, c'est qu'elle y croit ! Elle y croit à mille pour cent ! Elle tombe dans le panneau à chaque fois! Je le vis à fond les ballons et j'ai beau me voir préparer ça minutieusement, je jure que je ne fais pas exprès, que c'est plus fort que moi. Et des fois je me demande ce que c'est la vie, sans ces bêtises. Je me demande comment c'est la vie quand on n'est pas moi. Ca me prend tellement d'énergie ! Ca m'use et j'ai beau dire "plus jamais ça" à tous les coups, je suis comme une toupie qui se dirait à chaque tour "au prochain je m'arrête" espérant que ça dépende d'elle alors qu'une force l'anime de plus loin encore, dont l'élan est si fort qu'elle tourne tourne tourne en rond, avec la certitude et la crainte folle qu'à un moment donné, ce sera le dernier tour de manège parce que la table n'est pas infinie et qu'elle va arriver au bord pour faire un dernier tour avant le grand saut. Et je me demande ce qu'il y a, derrière moi, qui me pousse comme ça, à jouer à avoir peur au moindre pré-texte. Mais je tourne en rond, je pioche toutes les cartes à disposition pour flippoter à tout va, je me tend des pièges que je fais mine de ne pas voir et j'y saute à pieds joints. Je tombe sans comprendre ce qu'il vient de se passer et je pleure bêtement parce que je me suis écorchée de partout et que je ne sais pas comment on se désinfecte de soi-même ! Zut alors ! Pelote ! C'est pas bientôt fini ces bêtises ?! Et cette comptine qui me revient: ainsi font font font, les petites marionnettes, ainsi font font font trois petits tours et puis s'en vont !

Le Dimanche 31 janvier 2010 à 22:56

La voiture ça fait peur parce qu'on sait pas toujours où ça va c'est pas comme le bus qui passe toujours devant la fenêtre aux mêmes heures. Mais c'est très dur quand il arrive pas et que c'est l'heure je regarde la montre et j'essaie de pas trop mordre la main mais le bus est pas là et je comprends pas alors je mordille quand même la main même si je dois pas. La voiture c'est bien aussi quand on sait où on va et que c'est le trajet comme la dernière fois. Ce qui me plaît le plus dans la voiture ce sont les clignotants. Ce que je préfère c'est quand papa met le clignotant droit et qu'il se gare. Là, la voiture elle bouge plus et le clignotant des fois il part pas tout de suite alors ça c'est ce que j'aime le plus ça clignote et ça fait ce bruit celui qui est à la première ligne quand je clique sur le petit carré en haut tout à gauche sur l'ordinateur, le clignotant il va toujours au même rythme, ça change jamais. Une fois si, j'ai mordu tellement fort la main que maman a crié quand elle a vu c'est parce que le clignotant il clignotait beaucoup trop vite et c'était pas comme d'habitude alors j'ai eu très peur et j'ai pas voulu mais j'ai mordu. Papa après a dit que c'était parce que l'ampoule ne marchait plus mais je sais pas pourquoi il a dit ça les ampoules n'ont pas de pieds ni de pattes, ce ne sont pas des êtres humains ou des animaux et seuls les êtres humains et les animaux peuvent marcher. A part cette fois les clignotants c'est toujours pareil. Je le vois de ma place et je l'entends un peu, je me mets toujours à droite rien que pour ça. Et papa parfois il dit "pour toi Célestin encore cinq" ça veut dire qu'il le laisse clignoter encore cinq fois et après il l'arrête et là je mords pas la main.

Le Samedi 30 janvier 2010 à 22:46

Janvier-encore-six-mois-d'apnée, janvier-bouclier, janvier-au-lit-clouée, janvier-voix-échappée, janvier-perdre-pieds, janvier-pause-café, janvier-faculté, janvier-faut-se-relever, janvier-bercer, janvier-se-cacher, janvier-conter, janvier-tambours-affolés, janvier-cris-gelés, janvier-envie-d'être-dorlotée, janvier-bonjour-monsieur-pourriez-vous-m'enlacer-s'il-vous-plaît-?, janvier-par-Orion-bouleversée, janvier-rentrée, janvier-besoin-de-récré, janvier-désordonné, janvier-sans-être-embrassée, janvier-à-moitié, janvier-où-ma-vie-est-elle-passée-?, janvier-dis-et-si-on-se-rencontrait-?, janvier-coloré, janvier-par-les-bougies-mandarines-toujours-émerveillée, janvier-déjà-février-!, janvier-priorités, janvier-toujours-pas-réinventée, janvier-dossiers, janvier-et-si-on-jouait-?, janvier-lessivée, janvier-chanté, janvier-amitiés, janvier-étonnée, janvier-pelotonnée, janvier-esseulée, janvier-nuits-écourtées, janvier-l'étranger, janvier-fantaisie-éteinte-perdue-éclipsée-?
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